Nom d’un constructeur phare de la première moitié du XXe siècle, Bugatti est redevenu aujourd’hui  l’un des symboles de la compétitivité française dans le domaine des véhicules haut de gamme. Mettant toujours en avant la puissance de ses véhicules, la marque est aussi avant-gardiste en ce qui concerne le design. Mais l’apparence de rêve des voitures Bugatti actuelles voile une histoire pleine d’intrigues et de rebondissements. L’épopée prend source bien sûr à l’orée du XXe siècle. Une légende est alors née.

La Bugatti historique.

Cela commence aussi par le rêve d’un illuminé mécanicien, lequel s’éprit depuis sa tendre jeunesse pour ce mode de transport novateur qu’est l’automobile. Et bien entendu, les créations portent son nom. Cet homme illustre, c’est Ettore Bugatti, un milanais naturalisé français (d’où le nom) issu d’une lignée d’artiste et lui-même frère d’un sculpteur de renom : Rembrandt Bugatti (à ne pas confondre avec le peintre). La passion d’Ettore pour les chevaux a transparu sur ces inventions : le fameux radiateur en « fer à cheval » par exemple, mais surtout la performance de ses motorisations, l’élégance de ses moteurs et de ses carrosseries… En 1899, il conçoit un tricycle motorisé, sa Type 1. L’année suivante, il poursuit à l’aide de quelques mécènes de son entourage avec la Type 2. Les plus rapides des voitures sont nées, et une trainée d’autres bijoux de courses ont naquis !

À noter cependant que les voitures construites par Ettore ne sont pas encore « labellisées » en son nom avant 1909. C’est avec la Type 13 que son entreprise démarre réellement après la création de sa société alsacienne. La nouvelle marque poursuit son ascension pour atteindre le record des premiers prix lors des compétitions automobiles. Les années 1920 et 1930 lui ont particulièrement été glorifiantes. En tout, la marque emportera une dizaine de milliers de victoires dans les compétitions comme le Grand prix d’Italie, celui de l’Automobile Club de France ou encore les 24 heures du Mans… Cependant, malgré son triomphe planétaire, l’entreprise de Bugatti s’est éteinte avec son fondateur en 1947, lui-même ayant difficilement repris le contrôle de son affaire suite au décès prématuré de son fils, Jean Bugatti, en 1939. Ce dernier a été le dessinateur des voitures de la marque depuis 1926 (avec comme produit phare la fameuse Type 41 ou la « Royale » pour les puristes).

Les renaissances de Bugatti.

4 ans après la mort d’Ettore, certains de ses proches ont tenté de redonner souffle à l’âme de Bugatti. La situation économique de l‘époque ne permettait pas encore à un autre fils d’Ettore, Rolland, de reprendre l’aventure Bugatti. L’échec le plus cuisant se passe au Grand Prix de France de 1956, avec la T251. Par la suite, il se passe une dizaine d’années avant que le constructeur espagnol Hispano-Suiza, spécialisé aussi bien en auto qu’en aéronautique, ne reprenne l’affaire en main. Mais cette continuation se réalisait sans que le nom Bugatti en tant que légende de l’auto ne se soit vraiment illustré au sein de son nouveau fief.

Durant l’année 1987, un homme d’affaire italien du nom de Romano Artioli, sans doute un passionné de la marque tente encore de faire découvrir la marque au monde. En créant une société par actions appelée Bugatti Automobili, il redonne de l’espoir aux nostalgiques de la marque. Mais c’est plutôt un renouveau que leur apporte ce changement de propriétaire. Notamment, après les impeccables roadsters d’antan, Bugatti inaugure de nouveaux designs, notamment avec l’EB110, un coupé doté d’un moteur V12 à 550 chevaux. Il y avait aussi de quoi faire rougir les nouveaux héros de l’époque (Lamborghini, Ferrari…) en termes de design. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle épopée a été saccadée par quelques soucis financiers aboutissant vers la faillite de Bugatti Automobili SpA en 1995.

Bugatti, VW et les supercars.

La prise en main de la marque par Volkswagen AG en 1998 entame une notoriété mondiale recouvrée pour la marque de voiture Bugatti. Cette dernière signe de nouvelles inventions parmi les plus impressionnantes, encore, de l’histoire des quatre-roues. Faisant de son usine de Bugatti plutôt un milieu expérimental où les conceptions repoussent les limites de la technicité, VW opte pour une chaîne de fabrication où l’on fait rencontrer l’innovation technique et l’élégance du design. Après les concepts-car et prototypes inédits comme EB 118, la célèbre Bugatti Veyron fait son entrée dans l’arène des supercars en 2005. Jusqu’en 2015, il sera proposé au public une gamme de 450 véhicules déclinée sous quelques versions. La Chiron sortie en 2016 prend sa relève.

Une marque française à l’italienne.

Le logo de voiture Bugatti est centré sur les initiales du nom de son créateur, avec un E à l’envers comme signe d’authenticité. Il représente cette alliance pure et dure de la technologie de l’automobile, de l’art et de la noblesse du travail du constructeur auto.

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